JFW, Tripode "1+2=1", inox poli, bouleau multiplis découpé au laser, 2013                      © photo Carme Arisa
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Écrits sur l'art
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(le point de vue du mystique)
• La Tour de Monsieur Eiffel, par sa forme et ses dimensions, nous avait semblé exprimer l'ascension, l’aspiration de l’humain à l’élévation et au dépassement de soi. Devenue Tripode, elle illustre désormais la descente sur Terre des forces cosmiques, dont la foudre qui frappe occasionnellement le monument n’est qu’un pâle reflet.

• La tripartition de la puissance divine lors de sa descente dans le monde manifesté est une intuition partagée par toutes les cultures humaines. Quoi de plus représentatif alors de cette division trinitaire qu’un Tripode dont la pointe, partant d’un point quasi immatériel dans sa partie céleste, s’évase progressivement à mesure qu’il s’épand vertigineusement vers le bas pour se diviser en 3 pieds qui, bien qu’apparentés et ressemblants, se singularisent et s’écartent l’un de l’autre en pénétrant dans le sol ?

• La dimension cosmique de la Tour est encore renforcée par la forme de ses contours qui épousent la courbe de chaînette, la courbe la plus naturelle et la plus cosmique qui soit puisqu’elle résulte de la seule force de Gravité.

• Par ailleurs, les miroirs que j’emploie dans certains de mes Tripodes (ci-contre) expriment, par l'entrelacs du réel et du virtuel, le fait que les êtres et les choses sont constitués d'éléments transcendants autant que d'éléments tangibles, dont l'assemblage restaure la complétude. Ils nous rappellent aussi que dans notre monde physique la matière est largement minoritaire, et que les apparences ne cesseront jamais de nous émerveiller, y compris lorsque nous les savons trompeuses.
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José Ferreira W.
La Tour de Monsieur Eiffel, telle une moderne tour de Babel, incarne une tentative élégante et profane de s’élever jusqu’au ciel. Elle exprime l’audace & l’ingéniosité de l’Homme. Mais elle restait à optimiser au plan architectural, esthétique et symbolique. Voilà qui est fait avec les Tripodes de JFW, résultat d'un acte poétique moins délirant et plus nécessaire qu'il n'y paraît ; en voici les raisons :
À propos de mes Tripodes
Le mieux est l’ami du bien
(le point de vue de l’ingénieur)
• La Tour d’origine, comme tout objet à 4 pieds, est hyperstatique, c’est-à-dire sujette au bancalisme. Rendue tripode, elle devient isostatique et gagne une stabilité garantie par les lois de la physique et de la géométrie (par 3 points distincts il passe un plan unique). Le 4e pied, d’un point de vue structurel, était de trop.

• D’autre part, chacun sait que la section triangulaire est indéformable et de ce fait bien plus utile en construction que la section quadrangulaire que l'on doit toujours renforcer par ces fatidiques "triangulations" et autres "croix de St André", dont la Tour de M. Eiffel n'a pas pu faire l'économie.

• La Tour devenue Tripode offre également une moindre prise au vent, ses arètes présentant des angles plus fuyants (60° au lieu de 90°).

Le passage à la tripédie aura permis d'optimiser, de stabiliser et de rigidifier la structure et, en passant, d'économiser ¼ de la matière d’origine. On ne peut dès lors que s’étonner que le grand ingénieur dont la Tour porte le nom soit passé à côté de ces optimisations techniques.

• Respectant à la lettre la logique de l’ingénieur, j'ai déposé le modèle de la Tour Tripode.


JFW, 2013
Less is more
(le point de vue de l’esthète)
• La réduction de matière met le talent au défi et pousse toujours à l’élévation de la valeur esthétique et conséquemment de la valeur marchande.

• Le cas du bikini l’illustre bien : moins il y a de tissu, plus il faut soigner le dessin des vides, plus le bikini dissimule et préserve l’essentiel (et plus il coûte cher). Ainsi peut-il se faire humble et discret en n’occupant pas plus que sa juste place dans le monde.

• Mais n'allons pas croire pour autant qu'il suffit de réduire pour faire œuvre. La réduction ne peut se poursuivre indéfiniment sans dénaturer le propos artistique ou sans risquer d'aboutir à un grand vide sans intérêt. Ainsi, 3 pieds est la limite au delà de laquelle la Tour de M. Eiffel, en tant qu’édifice, ne saurait être réduite sans cesser d’être elle-même. L’esthète sait où s’arrêter.

• Réduite, épurée et optimisée, la Tour Tripode ne présente désormais plus que sa matière la plus essentielle et donc la plus précieuse. On comprend dès lors pourquoi la pièce de plus grande valeur de toute la série de mes Tripodes est aussi la plus petite : un bijou en or et pierres précieuses de 4,5 cm de hauteur.