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notions utiles
Kinogénie (néol.de JFW)
• Kinogénie signifie littéralement "générer du mouvement". La Kinogénie est une perception de mouvement illusoire, un phénomène psycho-physique généré par des stimulations particulières des rétines et des neurones visuels. Le mouvement kinogénique est une réalité mouvante qui n’existe nulle part ailleurs que dans le cerveau de celui qui le perçoit. C'est une des étonnantes capacités des fonctions perceptives du cerveau de produire, dans certaines conditions, une réalité augmentée sans l'aide d'aucune drogue.

• JFW a dû proposer ce terme pour désigner ce phénomène de mouvement apparent, car celui qui est employé à cet effet dans les milieux scientifiques (dynamogénèse) est inapproprié  (la racine dynamo signifiant force et non mouvement).

• L'adjectif kinogénique servira dès lors à qualifier une perception, une figure, un stimulus visuel, une œuvre (et le courant artistique dans lequel elle s'inscrit) dans lesquels se manifeste la kinogénie.

Mouvant   mouvement
• Il convient de distinguer ces deux termes qui ne sont pas exactement synonymes :
• Le mouvement désigne le simple et mécanique déplacement dans l'espace, tel qu'il est étudié et mis en équations par la physique dont il constitue la principale préoccupation (Galilée, Newton, Einstein).

• Le mouvant, quant à lui, est à considérer comme un principe vitaliste, une qualité intrinsèque du vivant ou d'un élément par nature mobile (océan, etc.). Plus encore qu'un potentiel de mouvement, le mouvant est l'impossibilité de ne pas se mouvoir, une indétermination ontologique liée à l'inévitable écoulement du temps. Bergson est sans doute l'auteur qui en a le mieux parlé. (1)

Observ'acteur  (néol. de JFW)
• Lorsque l'observateur est amené à participer au parachèvement de l'œuvre, par ses déplacements corporels ou l'activité kinogénique de son cerveau, on peut dire qu'il en devient un acteur à part entière, un observ'acteur. JFW avait produit ce terme dans sa thèse de doctorat au moment d’illustrer le fait que la perception est une activité pro-active qui sollicite autant le cerveau que le corps, dans le sillage de la Théorie Motrice de la Perception développée par les neurophysiologistes.
Kinogenie
(5) réf.  A. Berthoz, 1997 :
Le sens du mouvement
(3) Voir par ex. les artistes : (en anglais)
> Patrick Hughes
Isia Leviant
> Akiyoshi Kitaoka
Sur le cerveau
Sur le vocabulaire employé
(4) réf. Kourtzi et Kanwisher (2000) :
Art & Neurosciences
• Les capacités extrapolatrices du cerveau sont étudiées par les neurosciences et la psychologie expérimentale qui cherchent et commencent à en comprendre les mécanismes physiologiques et psychophysiques. Les illusions visuelles produites par certains artistes sont étudiées dans les labos et révèlent des facettes inexplorées du fonctionnement cérébral. C'est pourquoi les neuroscientifiques de la vision s'intéressent de très près aux travaux de ces artistes. (2), (3)

• Les mouvements illusoires perçus peuvent être autant le résultat de phénomènes optiques (moiré de trames, variation du flux visuel sur les rétines du fait des mouvements corporels et des saccades oculaires), que le fait de la seule activité neurophysiologique : par ex. la simple vue d'un personnage en mouvement sur une photo suffit à générer de l'activité dans l'aire corticale MST (Médio-Temporale Supérieure), qui code le mouvement visuel et ne s'active d'ordinaire qu'en présence de mouvement réel perçu. (4)

• Le mouvement perçu illusoire révèle aussi la dimension cognitive de la perception : des expériences ont montré qu'un stimulus dont la nature est de bouger (animal, véhicule, etc.) sera préférablement vu en mouvement en dépit de sa réelle immobilité expérimentale). Le cerveau révèle ainsi ses capacités proprement projectives et pour le grand neurophysiologiste français Alain Berthoz, il ne fait aucun doute que : "Le cerveau est une machine proactive qui projette sur le monde ses interrogations, il fonctionne comme un émulateur de réalité."(5)

Mouvement perçu
• Le jargon artistique (artistes et commentateurs) utilise les termes "mouvement réel" pour désigner les œuvres qui présentent des pièces mobiles et "mouvement virtuel" pour désigner le mouvement illusoire. Or cette dernière expression est incorrecte : sur le plan physiologique pur, une perception n'est jamais virtuelle, dut-elle est être illusoire, car elle résulte de l'activité biologique réelle et incessante du cerveau. Il est plus juste de parler de mouvement apparent ou de mouvement perçu.
JFW