Diego Velázquez, Les fileuses (détail)
vers 1657, huile sur bois, Museo del Prado, Madrid

Première représentation dans l'histoire de la peinture d'une roue en mouvement sans barreaux visibles
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Écrits sur l'art
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(2) cf. : Alain Berthoz : > La décision, 
J-P. Changeux :
> L'homme de Vérité
 
(4) texte fondateur : Victor Vasarely :
> Notes pour un manifeste
(ou Manifeste Jaune)

José Ferreira W.
(1) Propos amplement développés dans :
Ce que nous voyons, ce qui nous regarde
de Georges Didi-Huberman
Mes positions
artistiques
5. Cette position s'oppose à celle des principaux acteurs de l'Art Cinétique orthodoxe qui, par dogmatisme, historicisme ou conformisme, s'obstinent à entretenir l'amalgame entre Abstraction et Cinétisme, interdisant à ce dernier le droit à la narration et à l'évolution. L'intitulé Cinétisme narratif restera pour certains un non-sens, une contradiction dans les termes, voire un blasphème. Or, dans les principes fondateurs du Cinétisme tels que les a définis Victor Vasarely en 1955(4) (sortie du plan, effets de mouvement, participation active du spectateur, etc.), rien ne stipule l'emploi exclusif de l'abstraction géométrique ni l'exclusion absolue de la figuro-narration.

6. Cet amalgame officiel, dogmatique et injustifié entre Cinétisme et abstraction est regrettable car il n'a eu comme effet que de freiner l'évolution de l'Art Optico-cinétique, en le cantonnant à un champ esthétique pauvre, daté et archi rabâché (cercles, carrés, lignes, points, à-plats de couleurs). S'il est vrai que l'abstraction géométrique a fait le terreau historique de l'Art Optico-cinétique, ce dernier est aujourd'hui largement en âge de s'en émanciper. Et bien qu'il ne l'ait jamais fait, rien n'empêchait véritablement le Cinétisme de s'adjoindre la narration et la figuration dès son invention. Aujourd'hui j'ai décidé de prendre cette liberté, plus de 60 après. Le seul artiste de l'Art Optico-cinétique à avoir intégré la figuration à son travail est le français Jean-Pierre Yvaral(5) (1934-2002), le propre fils de Vasarely.

JFW
, 2010
Plaidoyer pour la narration & la figuration
1. L'art abstrait géométrique, l'art minimal et l'art conceptuel ont fait leur temps. Il faut bien admettre qu'ils ne nous ont le plus souvent pas apporté grand chose à nous mettre sous la dent, nous laissant sur notre faim, insatisfaits et parfois discriminés. Le public, comme le cerveau humain, s'en est lassé et demande du contenu, de la substance, qu'on lui raconte enfin quelque chose, que la structure et la composition servent un propos signifiant qui veuille bien, si ce n'est pas trop demander, dépasser la seule et bien élémentaire fonction décorative.

2. On sait aujourd'hui que l'éviction de la narration ou de "l'anecdote" (terme employé généralement avec un léger mépris par les défenseurs de l'abstraction) relève de la gageure : il a été montré que, même dans l'abstraction la plus absolue, nous cherchions malgré tout à reconstituer du sens(1) et l'on sait aussi, grâce aux neurosciences, que les mécanismes perceptifs qui nous permettent d'obtenir une image intelligible du monde, condition sine qua non de notre survie biologique, sont une combinaison du chaos d'informations amenées par les entrées sensorielles (mécanismes centripètes ou bottom-up) et des fonctions cognitives supérieures du cerveau qui les réarrangent en fonction de modèles internes pré-établis (mécanismes centrifuges ou top-down)(2). En art comme en physiologie, la stimulation sensorielle ne va pas sans la construction du sens.

3. Les sublimes Nymphéas de Monet doivent l'essentiel de leur force picturale à leur dimension figurative. N'ayant pas abandonné le sujet, elles ne prétendent nullement à l'abstraction, contrairement à ce qui a pu être dit. La force attractive des grands bleus de Klein repose elle aussi, à bien y regarder, sur un élément essentiellement narratif : l'évocation de la profondeur du ciel ou de l'océan (ce n'est pas un hasard si Klein s'est arrêté sur le choix du bleu). Quant aux tableaux "mouvants" de Patrick Hughes(3)
en perspective inversée, ils révèlent que notre fonctionnement perceptif privilégie le contenu narratif aux informations purement sensorielles, sans quoi nous y verrions le vrai volume bouger "à l'endroit" et non l'espace pictural "bouger à l'envers".

L'Art Kinogénique : un Cinétisme narratif
4. Ma production Kinogénique s’inscrit dans le prolongement direct de l'Art Optico-cinétique sans toutefois souscrire au dogme de l’abstraction géométrique qui caractérisait historiquement ce courant. Réconciliés avec la narration et la figuration, les effets de cinétisme que je mets en œuvre servent un propos narratif, s'écartant ainsi de la gratuité abstraite et le plus souvent vide de sens d'un cinétisme perceptif purement décoratif que j'appelle "l'effet pour l'effet".
… l'illusion comme scène primitive.
Jean Baudrillard
Il y a l'art abstrait qui a l'air triste ; puis ce qui est plus triste encore, c'est un peintre abstrait ; la tristesse s'aggrave de malheur quand on se trouve face à un amateur de peinture abstraite ; mais il y a pire encore et plus sinistre : être critique et expert de peinture abstraite.
Salvador Dalí