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Photographie
rendre compte du mouvant par la
• José Ferreira W. parle de ses travaux photographiques en termes de Continuums photocinétiques, ou de tranches de durée, ce qui les démarque clairement de la Chronophotographie (Marey, Muybridge, Edgerton) où le mouvement apparaissait décomposé, haché, discontinu, pour tout dire zénonien. L'artiste se réclame de la philosophie de la durée de Bergson et du mode de représentation continue du Photodynamisme des frères Bragaglia (qui fut historiquement la principale contribution à la reconnaissance du statut artistique de la photographie) et des travaux du photographe français André Naggar qui ont donné ses lettres de noblesse à une photographie de type pictural que les anglophones ont nommée painting-like photo.
• Dans son travail Photographique, José Ferreira W. rejette l'instantané qui fige le monde visuel et qui donne la fausse impression que le mouvant est composé d'une succession d'immobilités, une conception erronée et contestée (par ex. par Bergson) mais entretenue depuis des siècles bien qu'elle ne conduise qu'au paradoxe de Zénon dit de "la flêche.

• En découle cette esthétique fluide de la durée, de l'évanescent et de l'incertain, plus proche, selon l'artiste, de la véritable nature mouvante et vivante des choses et de la perception que nous en avons que l'image nette et univoque qu'en donne l'instantané.

• La technique employée est une prise de vue en pose lente qui combine le mouvement du sujet à celui de l'appareil. En prise directe avec le réel, ces images restent l'enregistrement mécanique d'une réalité, ce que Roland Barthes a nommé "ça était là", mais une réalité subjective tracée par le vivant à travers la durée.

• Afin de préserver leur nature phénoménale, ces photographies n'ont fait l'objet d'aucune retouche numérique.
La photographie de José Ferreira W. exprime l'idée d'une mobilité généralisée et s'inscrit dans sa recherche plastique d'une représentation fluide et continue du mouvant.